Ponza – Stromboli : à quand la douche ?

panoramique Stromboli

Hygiène, Hygiène, comme tu nous manques ! Impression réelle d’être collants, draps teintés de sueur, de crème solaire, de produit anti-moustique. Non, il n’y a ni douche ni machine à laver sur Karukera. Il faudrait l’expliquer aux ormeggiatori, les gérants des ports avec qui la négociation est souvent de mise. Il faut aller au bar pour aller aux toilettes, se laver en maillot à l’eau douce sur les pontons. On a aussi un savon à l’eau de mer et des douches solaires pour se rincer, mais il s’agit plus de toilette de chat. Bilan : on pue un peu, mais pas trop !

Naviguer à la voile, c’est vraiment très agréable. Un détail qui a son importance quand on fait le tour de Méditerranée ! Nous rallions donc Ventotene depuis Ponza dans des conditions parfaites : mer plate, brise modérée. En plus de faire avancer le voilier, elle apporte une fraicheur délectable. L’ambiance à bord est excellente, et l’arrivée sur l’île, en plus d’être belle, a le mérite d’être comique ! Il y a deux ports à Ventotene, et ils sont voisins. En arrivant devant le premier port, un zodiac avec deux ormeggiatori du second port viennent nous attiser ; leur port est, comprenez le, le meilleur. Un petit coup de négoce, et hop le prix passe de 50 à 25€ la nuit. Avec eau douce. C’est le moment où un second zodiac vient nous chercher pour nous vendre les mérites du premier port. Pas de bol, le gars n’est pas très convaincant ! Nous arrivons donc dans le superbe port antique (fabriqué par Agrippa pour que Julia -la fille de César- puisse y recevoir ses amants), il faut renégocier : oui, on est sûrs de s’être dit 25 et non 30 pour la nuit. Il cèdera car on propose de boire des bières dans son restaurant. L’île est vraiment sympathique, assez épargnée par les touristes, et nous repartons le lendemain vers la baie de Naples.

Ventotene

Sur la route, on constate que le rail de grand-voile (la pièce métallique qui permet de jouer sur l’ouverture de la voile) est en train de s’arracher sur sa partie tribord. On installe un bout qui fera office le temps de réparer. Les conditions sont calmes, et on démonte le rail sous spi.

démontage rail GV

Problème rail grand voile

démontage rail GV 2

Spi qui nous porte vers la baie de Naples. Les îles de Procida et Ischia où nous nous arrêtons sont sublimes, mais l’eau est sale. On plonge souvent en apnée pour vérifier le mouillage, et à Ischia c’est un mélange sable/canettes/serviette hygiénique/mégots qui retient l’ancre. Quelle tristesse : il n’est même plus agréable de se baigner compte tenu du nombre de particules en suspension dans l’eau. Ces zodiacs et autres vedettes rapides à moteur qui filent à vive allure au milieu du mouillage ont, il faut le dire, une certaine tendance à nous exaspérer ! Les hostilités finissent vers 2-3h la nuit, et recommencent au petit matin. On en viendra même à saluer les bateaux à moteur qui entrent au mouillage au ralenti, sans faire trop de vagues, ni prendre le risque de coincer un nageur dans son hélice.

On se met en route vers Naples, mais tous les ports sont blindés. Pas une seule place ! Finalement, on va à Torre del Greco, une ville limitrophe de Naples. On a un peu l’impression d’atterrir à Cergy-Pontoise alors qu’on avait prévu de découvrir Paris. On relativise : c’est juste à côté de Pompéi, une visite qu’on voulait faire aussi, et entre autres le Cergy Napolitain est à vrai dire assez charmant ! L’escale au port est plus que bienvenue : longue est la tasklist sur Karukera. On remonte le rail de grand-voile, et surtout on entreprend un grand nettoyage !

nettoyage des fonds

remontage rail GV

Mais dans les fonds, il y a notre vache à eau. Cela n’a rien à voir avec un bovin qu’on aurait pu emmener sans vous en parler. C’est une grosse outre, notre réserve d’eau à bord. Et elle est sale, à l’intérieur aussi. Cette eau, qui n’est pas pour la boisson mais pour la cuisson/vaisselle, a un peu trop stagné dans la vache. On stérilise donc cette grosse gourde à l’aide d’un produit adapté.

stérilisation cuve à eau

Olivier peut donc reprendre son tour de vaisselle !

olivier à la vaisselle

Après cette escale technique, on vise les Eoliennes, cet archipel qui compte deux volcans actifs. A plus de 100 miles de Capri où nous avons fait un bref arrêt, il faut faire une nav’ de nuit pour s’y rendre. Le vent nous accompagnera jusqu’à minuit, et nous finirons la navigation au moteur. Au petit matin, on voit le volcan Stromboli apparaître et des dauphins viennent jouer autour du bateau !

dauphins Stormboli

Stromboli est le second volcan le plus actif du monde. Il régule son activité par sa régularité au lieu d’engranger de l’énergie et de la dissiper violemment. C’est plutôt une bonne idée, car on a prévu de mouiller à son pied. Le sable où l’on jette l’ancre est noir, et les poissons qui séjournent dans ces eaux sont étranges et inconnus !

poisson Strombolesque

On voit les éruptions se produire régulièrement, mais elles sont de l’autre côté du volcan, le col nous masque le cratère. On s’organise une petite randonnée avec un guide. Le sommet est tout de même à 900 et quelques mètres. L’ascension se finit dans la nuit, l’idée étant de voir la lave rouge jaillir. Le spectacle est assez impressionnant !  Tellement qu’on décide de rester un jour de plus !

Ascension du stromboli!

Le lendemain soir, on va mouiller au pied de la Sciara (le chemin qu’emprunte la lave), le temps de diner. On se sent tout petit au pied de ce monstre, et on quitte le mouillage pour retourner dormir de l’autre côté de l’île.

stromboli éruption

Nous en sommes à un peu plus de la moitié du parcours. On fait un peu le point. Alix et Yahia doivent débarquer fin août : où ? Avec le retard engrangé au début du périple dû aux problèmes moteurs et la nécessité d’être rentrés en Bretagne avant l’hiver, on sait qu’il va falloir réduire le parcours depuis un moment. C’est le moment de prendre une décision. L’équipage a vraiment envie d’aller en Grèce, point le plus oriental du périple. On ne pourra pas aller jusqu’au Cyclades, ni emprunter le canal de Corinthe. On vise les îles Ionniennes. Malheureusement, la météo est exécrable pour dix jours : sans vent, comment faire la traversée vers la Grèce ? On va devoir attendre encore un peu avant d’y aller ; il est hors de question de faire 48h de moteur pour traverser. On doit donc faire une autre concession : la Tunisie. Le périple est écourté, certaines escales annulées, les billets retour de nos camarades réservés. Déception évidente, mais il était à prévoir que notre programme ait à évoluer ! On va essayer de profiter un maximum de la Grèce : nous mettons cap sur le détroit de Messine qui sépare l’Italie de la Sicile pour se rapprocher de la Grèce. Dès que les vents souffleront, nous repartirons !

Olivier fait le koala sur la bôme

1 Commentaire

  1. Je viens de découvrir et lire votre blog d’une traite, c’est un magnifique projet que le votre qui recoupe de très près mes propres centres d’intérêts, merci du partage et bon vent !

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