De caps en caps : de Lisbonne à Gibraltar

Nous voilà aux portes de la Méditerranée ! Depuis Lisbonne, le vent est de moins en moins présent, et l’on n’avance pas aussi vite que l’on voudrait !

Une première journée dans un vent fort et bien orienté nous a permis de rallier Sines rapidement, à plus de 7 nœuds la plupart du temps, avec des pointes dans les surfs qui ont atteint 13 nœuds ! Sines est le dernier abri avant le Cap Saint Vincent (la pointe Sud-Ouest du Portugal), qui est tout de même à environ 60 milles, ce qui correspond à une douzaine d’heures de navigation. Il faut donc être sûr de la météo au cap avant de partir ! Nous attendrons quelques jours à Sines, en profitant pour faire de petites réparations en haut du mât, et une grosse lessive !

Olivier grimpe au mât pendant que le linge sèche

Nous échangeons aussi quelques techniques de pêche avec nos voisins de ponton, qui nous aident à préparer de nouvelles lignes de traîne. Yahia, notre « responsable pêche » officiel, nous rejoint ici, et nous passons ensemble le Cap St Vincent et ses impressionnantes falaises.

Cap St Vincent

Même si ce n’est pas l’entrée officielle dans le détroit, la grande houle atlantique commence à disparaitre progressivement, ce qui apporte un peu de confort à la navigation. La nouvelle ligne de traîne fait ses preuves, et nous pêchons pléthore de maquereaux, et un petit thon !

On pêche un thon à la traîne

L’étape suivante est Olhão, non loin de Faro, située dans la lagune, longue étendue d’eau protégée de la mer par un cordon dunaire. A l’entrée de la lagune, nous passons la barre des 1000 milles parcourus depuis notre départ de Pornic !

Nous jetons l’ancre juste en face du marché de la ville. C’est le moment de tester si notre kayak (officiellement 2 places) supporte bien le poids de 3 personnes plus les courses !

Transport en commun

Cassandre nous rejoint pour une semaine, au cours de laquelle nous irons jusqu’à Rota, dans la baie de Cadix. Il nous faudra presque deux jours pour boucler la traversée, le vent nous abandonnant à la moitié (sûrement un effet météo au passage de la frontière espagnole). On profite que le bateau avance très lentement pour faire des prélèvements de plancton grâce au kit de Plankton Planet. Découvrez le projet ici : http://planktonplanet.org/?lang=fr

Prélèvement de plancton

Mais, lorsque le bateau n’avance plus du tout, on finit par se dire qu’il fait chaud, qu’on est pas trop pressés, et qu’on peut bien piquer une tête seuls au milieu de la mer !

Pétole, baignade

Mais au cours de la séance baignade, on découvre un morceau de filet coincé dans l’hélice, qu’il faut aller enlever au couteau.

Bout dans l'hélice

Après avoir terminé la traversée au moteur dans une douce odeur de frite, nous passons quelques jours à Rota, qui s’avère être une sorte de Cadix-Plage : immense étendue de sable, immeubles juste derrière… Pas de doute, on commence à arriver au Sud de l’Espagne et son tourisme de masse ! Nous tentons de traverser la baie pour rallier Cadix un après-midi, mais le vent forcit à mesure que nous avançons. Quand les rafales atteignent 50 nœuds, on se dit qu’il est peut-être plus sage de faire demi-tour que de continuer au près… Au retour, avec le génois déroulé à moitié pour seule voile, le bateau file à 6 nœuds !

Nous partirons finalement le lendemain, direction le Cap Trafalgar, entrée « officielle » du détroit de Gibraltar ! Pas de bataille navale au programme pour nous, plutôt une guerre psychologique contre la pétole qui commence, et qui va se mener par intermittences pendant les prochaines semaines…

Yahia, le Cap Trafalgar, des pâtes

Notre route nous emmène à Tarifa, point le plus étroit du détroit (à seulement 14km du Maroc) et aussi spot de planche à voile et kitesurf de renommée mondiale. Pourquoi ? Tout simplement parce que le vent souffle ici à plus de 30 nœuds environ 300 jours par an ! Les centaines d’éoliennes sur les montagnes environnantes ne sont pas là pour décorer !

Eoliennes à Tarifa

Nous commençons à découvrir la météo changeante de la Méditerranée, le vent passant du plein Est au plein Ouest en à peine deux heures. Ce changement nous permet de rallier directement la baie de Gibraltar, endroit ô combien charmant quand on est un petit voilier au milieu de dizaines et de dizaines de cargos ! Pour tout arranger, Gibraltar, connu pour ses brouillards soudains et sa météo aléatoire, ne faillit pas à sa réputation, le soleil décline et le vent tombe… Heureusement, notre système de détection automatique fonctionne parfaitement, et nous permet de regarder passer d’assez loin les immeubles flottants.

cargo à Gibraltar

Gibraltar, c’est avant tout une énorme plaque tournante du commerce mondial. Porte de la Méditerranée, lien entre l’Afrique et l’Europe, des milliers de tonnes de marchandises diverses y transitent chaque jour. C’est aussi un lieu de tensions, avec l’enclave anglaise, « dernière colonie d’Europe », bien accrochée à son célèbre Rocher.

Le Rocher de Gibraltar

Le Rocher de Gibraltar

Par chance, lors de notre visite à son sommet, le Rocher n’était pas dans les nuages, et nous avons pu profiter de la vue magnifique sur la baie, la Méditerranée et le Maroc (au fond à gauche sur la 2e photo).

La baie de Gibraltar

Au fond à gauche, le Maroc !

Nous passons le cap d’Europa Point le 2 juin, marquant notre véritable entrée dans la Mer Méditerranée !

Passage de Gibraltar

3 Commentaires

  1. Nouvelles passionnantes et superbes photos!!!!!
    Félicitations….. De tout cœur et bises ! Une mamie solidaire.

  2. Hello,
    Contents d’avoir des news !
    Vous semblez avoir fait des progrès en pêche et l’ADN du plancton n’aura bientôt plus de secrets pour vous ! Ce projet de cartographie participative est d’ailleurs très chouette.
    Cela fait longtemps qu’on n’a pas eu de nouvelles du jambon corse, il est terminé ?
    Gardez les nerfs solides pour les variations de vent !
    Bises,
    Coco&co

    • Léo

      16/06/2015 16:59

      Hello !
      J’ai oublié de le mentionner dans l’article, mais notre cher jambon corse ne verra pas la Méditerranée, on l’a fini à Gibraltar !
      Bises
      Léo

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