• Pétole : Nom féminin, du latin peditum (pet). Absence de vent, calme plat.

Calme plat

La pétole 2

Gibraltar-Almeria : 160 milles nautiques, rien du tout ! C’est la moitié de la distance Pornic-La Corogne, ça va être avalé en deux jours !

Eh bien non ! Nous sommes définitivement entrés en Méditerranée, et ici, le vent fait ce qu’il veut, quoi qu’en disent les modèles météo ! Et en ce moment, il ne veut pas qu’on avance. Huit jours, il nous faudra huit longs jours pour arriver péniblement jusqu’au Cabo de Gata ! Et surtout, pas dans les paysages et les villes les plus intéressants d’Espagne…

Le Levante (vent d’Est) nous a cueillis à la sortie du Détroit de Gibraltar, et nous permet de parcourir 40 milles, jusqu’au moment où il nous lâche progressivement, mais définitivement.

Nous nous dirigeons au moteur vers Torremolinos (dont nous n’avions jamais entendu parler avant, pauvres de nous !), et nous découvrons avec consternation les ravages du tourisme de masse… Barres d’immeubles, enfilades de restaurants attrape-touristes, port cher, empli de yachts…

Le port de Benalmadena

Nous comprenons que la Costa del Sol manque un peu d’intérêt quand on n’est pas un touriste anglais en quête de fiestas et de plages bondées ! Le paysage, très minéral (c’est la région la plus aride d’Europe), est miné par les immeubles en front de mer, et les serres emplissent tous les espaces un tant soit peu horizontaux qui restent. (Les tomates espagnoles au mois de décembre, c’est ici qu’elles poussent)

La météo est peu fiable, il y a (peut-être) du vent au large, mais il faut s’éloigner de 20 milles des côtes. Et si, après avoir fait ces 5 heures de moteur en s’éloignant de notre route, le vent n’est pas au rendez-vous, que faire ?

Nous finissons par comprendre qu’il ne faut pas chercher à trop comprendre la météo, et tenter de profiter du moindre vent dès qu’il souffle ! Ah, si, une chose est constante, le vent tombe totalement la nuit, il vaut mieux donc trouver un abri avant.

Vu la violence des éléments, les quarts à la barre se passent souvent en compagnie d’un livre ou d’une autre occupation (couture, e-mails, cartes postales…), abrité du soleil (de plomb) sous un chapeau.

La pétole

La pétole

Nous avançons par sauts de puce, couvrant environ 15 milles par jour, soit le quart de notre moyenne habituelle. Nous partons lorsque le vent se lève, souvent vers la mi-journée, puis il tombe progressivement, et quand le bateau avance à moins de 1 nœud, on démarre le moteur pour finir l’étape.

Cependant, les conditions calmes nous permettent d’effectuer plusieurs prélèvements de plancton, et c’est avec joie que nous nous adonnons à cette activité qui, bien qu’elle nécessite que le bateau avance à la vitesse ridicule de 1 à 2 nœuds, permet de nous occuper pendant une heure !

Plancton

Tout de même, loin des villes ultra-touristiques nous ferons quelques découvertes de mouillages magnifiques, avec des très beaux spots de plongée sous-marine. La pêche au harpon sera plus fructueuse que la traîne (qui, depuis le Cap St-Vincent, nous a permis de ramener un total de… zéro poissons), puisque nous aurons un repas agrémenté de mulets sauvages, de balistes et d’un poulpe !

Mouillage à la Cala de los Cañuelos

Un baliste, poisson à la peau très dure mais très facile à pêcher

On a pêché un poulpe !

Le poulpe en cours de cuisson

Faute de pouvoir bien cuisiner le poulpe (l’ami Google nous apprend qu’il faut le congeler 24h avant de le cuisiner, pas pratique sur notre bateau seulement équipé d’une petite glacière), il aura une texture un peu caoutchouteuse…

Au bout d’une semaine, nous voilà arrivés au Cabo de Gata, qui marque la fin de la Costa del Sol et le début de la Costa Blanca. Le vent est avec nous, pile-poil dans le bon angle, et on déboule sous spi à plus de 7 nœuds de moyenne !

A 7 noeuds sous spi