C’est à vive allure et bien accompagné que nous quittons Barcelone : sous le soleil, filant à 7 nœuds, nous longeons la Costa Brava toute la journée du dimanche. Les dauphins nous permettent de quitter les côtes espagnoles le sourire aux lèvres, et nous offrent un joli spectacle en sautant autour du bateau.

dauphins départ BCN

Un coup de vent doit arriver quelques jours après, et on veut être à l’abri avant son arrivée. La pétole qui tombe dès le premier soir nous inquiète. La météo a prévu du vent pour les deux premiers jours et la première nuit de traversée, puis la pétole doit s’installer la seconde nuit, avant le retour du vent la troisième journée.

départBCN 2

Déjà les premières heures de moteurs s’enchaînent, et le vent ne reviendra pas la première nuit. On arrive seulement à avancer une petite heure à la voile, au lever de soleil.

1ere nuit calme

Le lendemain, l’ambiance à bord n’est pas folle. Les décibels du moteur échauffent nos nerfs et comprime notre patience. Lecture et siestes occupent notre journée. La traîne ne remonte toujours pas de poisson. On est un peu dépités. On ne peut même pas arrêter le moteur : on risquerait de se prendre le coup de vent en prenant du retard…

pétole pétole

Mais heureusement, le vent revient à la fin de la seconde journée : l’inverse de ce qui était prévu !? On arrive à bien avancer, et forcément le bateau rattrape les routages ! L’ambiance revient au beau fixe à bord : la seconde nuit est géniale ! Mer d’huile, ultra confortable, avec une brise fraîche pas trop forte. Pas freinée par les vagues, Karukera file entre 4 et 6 nœuds au travers. On passe au milieu d’un « bloom » de plancton phosphorescent : un sillage lumineux suit le bateau, et des méduses phosphorescentes s’illuminent quand elles rentrent en collision avec le safran. Sous la voie lactée, le spectacle est magique.

Au lever du jour le lendemain, le vent est toujours là ! On a parcouru la moitié de la traversée, et on hisse les couleurs françaises : 2 mois et demi qu’on est partis de Bretagne, ça va être étrange -presque facile- de reparler français dans la rue.

retour en France

Nous entrons dans la réserve pélagique où de nombreux mammifères marins sont souvent observés : ça ne manque pas ! Après avoir vu quelques dauphins très joueurs, ce sont deux baleines (rorqual commun) qui apparaissent furtivement à quelques centaines de mètres du bateau. Elles restent en surface à peine quelques secondes, et on ne peut même pas les photographier ! Mais suite à cet épisode, le spectacle de thons blancs déchaînés va mettre nos nerfs de pêcheurs à plat : ils sautent tout autour du bateau, longent la coque, restent proche de la surface ou alors plongent pour qu’on ne voit plus que le reflet de leurs écailles. Trois lignes de traîne sont à l’eau, et pendant 3-4h ils nous accompagnent. Rien n’y fait : on ne pêchera rien.

saut thon

Au milieu de cette nature en pleine effervescence, on est choqués de voir le nombre de déchets flottants qui sont au milieu de l’océan. Sacs plastiques, morceaux de polystyrène, ballons à hélium qui ont atterri là… On ramasse ceux qui sont sur notre route, et on se déroute parfois un peu pour en rattraper d’autres. Jusqu’à ce qu’Adrien manque de perdre la gaffe à l’eau en en ramassant un : ce serait dommage de créer des déchets en essayant d’en enlever !

du plastique dans l'océan

La dernière nuit en mer, ça accélère ! On a entendu un bulletin météo pas très clair à la radio : le coup de vent pourrait avoir de l’avance, et sera plus fort que prévu. Grâce à notre balise on parvient à parler avec Léo (à terre), qui nous donne une météo plus fraîche : on garde pas mal de toile pour avancer à fond. On verra ensuite qu’on est juste à l’avant du coup de vent !

Arrivée corse coup.de vent

Au lever du soleil, un spectacle incroyable : les hautes montagnes corse apparaissent dans l’aurore, et des dauphins viennent jouer autour du bateau qui file à 7 nœuds, une vitesse qu’ils apprécient ! On saute les quarts de nuit pour en profiter un maximum, mais la nuit sera très courte au final !

arrivée corse

On vise la baie de Calvi pour nous abriter du coup de vent de SW, bien plus protégé que le mouillage de la Girolata. En passant la pointe de la Revellatta, on découvre la citadelle imprenable de l’ancienne cité génoise.

arrivée calvi

Malgré tout, on ne parvient pas à tenir le mouillage de l’oscellucia : 45 nœuds en rafales, l’ancre chasse ! Tous les bateaux filent vers Calvi, et le port reçoit un nombre d’appels incroyable ! On réussira heureusement à trouver une petite place dans le port de pêche. Mais les voisins nous mettent en garde : les bars qui sont face au port font la fête jusqu’au milieu de la nuit ! On va commencer la sieste dès l’après-midi !

Au port de calvi

Le lendemain, le vent s’est calmé. On file profiter de mouillages sympathiques. Un coup de vent arrive le lendemain : on file se protéger de l’autre côté de la pointe de la Revellatta, dans une petite anse appelée Porto Vechio.

mouillage revelatta

yahia plongée

On profitera des fonds sous-marins et des magnifiques paysages corses avant de se remettre en route. Prochaine étape : Capraia, une île Toscanne à la latitude du Cap Corse !